04 février 2008
RAAAAAAAH
Je viens de passer une heure et demie à écrire un article super long, j'en étais à insérer la dernière photo, et LA, j'ai appuyé sur une touche maudite qui a tout effacé A JAMAIS !!!!!!
RAAAAAH y a rien de plus horrible que ça !!!! Je n'ai pas le courage de tout reprendre... Ca me dégoûte >:'( Pourtant, si je ne le fais pas, je vais aller me coucher en ayant vraiment l'impression d'avoir perdu ma soirée !!! Et puis tout ça, je voulais vraiment l'écrire et vous en faire part, alors il faut que je le fasse. C'est parti...
Cet article défunt s'intitulait "Après le semi-bad, le trois-quarts-bien ;)"
Je disais donc que depuis la dernière fois, mon moral était remonté. Hélas, j'ai fait cet aprem une chose que je n'aurais pas dû faire, et que j'ai faite pourtant, et qui est à l'origine de ce quart de bad qui persiste, lol. Je savais que ça risquait de finir comme ça... mais tant pis. Je pensais avoir mûri et avoir suffisamment de recul sur mon passé pour être neutre et indifférente face à ce que j'allait avoir sous les yeux.
J'ai relu partiellemnent mon ancien blog. Oui, mon ancien blog, celui qui relate toute ma vie ou à peu près de mes seize à mes vingt ans... Autrement dit la période que je considère comme la plus heureuse de ma vie (surtout de mes seize à mes dix-neuf ans, on va dire). Autrement dit bis la période où j'étais avec Premier Amour. Nostalgie quand tu nous tiens !
Je pensais pouvoir affronter pleinement ces relents de bonheur enfui, telle moi embrassant Premier Amour avec tendresse, ou encore moi entourée de tous mes amis de lycée (perdus de vue pour la plupart) pour mes dix-huits ans, ou encore moi visiblement épanouie à telle ou telle occasion, ou même sans occasion particulière... Malheur. J'ai lu jusqu'à ma rupture avec Premier Amour.
Je n'ai pas pleuré. Je ne m'en suis pas donné le droit. Pas après tout ce temps, pas après avoir senti que j'étais officiellement guérie. Mais c'était tout brouillé, ma vue. Puis, tel un sauveur qui s'ignore (mon père, ce héros), mon papa est venu réclamer l'ordinateur, que je me suis empressée de lui laisser, quittant la pièce tête baissée pour qu'il ne voie pas mon trouble.
C'est que ça m'a déprimée oui cette histoire !! Déjà, ça m'a fait une sensation bizarre, une petite pointe au coeur, de revoir les beaux yeux de Premier Amour comme ça, bien en face, même à travers une photo. Les yeux de Premier Amour à côté des miens...
Mais en vérité, ce qui m'a le plus atteint, c'est de constater soudaindement à quel point j'avais changé depuis ce temps-là. J'ai pris tout à coup conscience de mon évolution intérieure. Je savais que j'avais grandi dans ma tête, et même que j'avais vieilli physiquement, mais là, c'était indéniable. Et en fait, ce qui m'a tuée, c'est de voir que celle d' "avant" avait l'air bien plus heureuse et épanouie que celle de "maintenant". Tous mes articles d'avant ma rupture avec Premier Amour respirent la joie de vivre, la gaité, la pureté, la naïveté... C'est plein de fraîcheur, plein de points d'exclamation, c'est drôle, je sais pas... Or, depuis cette rupture, j'ai l'impression que j'ai peu à peu perdu la faculté de bien écrire et d'être drôle, lol. Sans rire, j'ai le sentiment d'écrire mal, et aussi que tous mes articles sont d'un ennui mortel. Je me demande à quand remonte le dernier comentaire où quelqu'un disait s'être fendu la poire à la lecture d'un de mes articles ! Aujourd'hui, quand je relis mes articles, j'ai l'impression qu'ils sont enlisés dans la platitude et la banalité les plus totales. Ou bien il ne se passe plus rien de comique dans ma vie, ou bien je ne suis plus capable de le voir... Peut-être aussi que je prends moins le temps de le raconter, j'en sais rien. Je voulais faire de ma vie une série d'anecdotes. Je voulais brasser mon vécu quotidien pour en faire autre chose. Transformer les banalités en mésaventures. Et à présent, j'ai l'impression de m'être assombrie. Tous mes articles, avant, étaient bourrés de smileys en tout genre et de points d'exclamation. Ils étaient vivants.
C'est peut-être bête, mais c'est à travers des trucs comme ça que je réalise que cette rupture a vraiment changé quelque chose en moi. En même temps, on ne peut plus jamais être la même une fois qu'on a brisé le coeur de quelqu'un qui vous pensait la femme de sa vie ; une fois qu'on a soi-même brisé ses propres idéaux, qu'on a démoli ses illusions. Tout ce que je tenais pour vérité, pour unique moyen d'accéder au bonheur absolu, pour seule raison de vivre valable, ne peut plus exister après une déception pareille. J'entends par tout ça le fait d'avoir vraiment cru à tout ce mythe du premier amour, de l'amour unique, vrai, profond, différent, qui dure toute la vie. Pour moi, il n'y avait que ça pour donner sens à la vie. Cet amour pur, au-dessus de tout. Le grand Amour. Pour moi, croire à tout ça, c'était tout simplement une vérité, c'était quelque chose d'aussi sensé et d'aussi naturel que de respirer. Je me rappelle l'ébahissement de mes copines au lycée, lorsqu'elles me disaient : "Mais alors, vraiment, tu te vois passer toute ta vie avec lui, sans jamais avoir un seul autre copain ?!" Je ne comprenais même pas ce qu'elles voulaient dire. Je les méprisais, au fond. Je me sentais en quelque sorte supérieure à elle, avec mes idées nobles et mon histoire d'amour atypique. Et pourtant, j'ai cessé d'aimer. C'est moi qui aie tout brisé. J'ai eu tellement de mal à accepter cette déception... Je suis passée d'une grande histoire à la tristesse de l'amour qui se délite et à la banalité de la rupture... Elle pouvait affecter les autres... Mais pas moi, pas moi...
Hélas ! Je crois que la moi d'il y a ne serait-ce que deux ans aurait vomi en me voyant embrasser un type inconnu et bourré en boîte de nuit ! En fait, la moi d'il y a deux ans aurait même méprisé les boîtes de nuit, lol. Et que dire alors de la moi d'il y a trois ou quatre ans ! C'est la déchéance :x
Sans compter que c'est fou, sur ces photos je me reconnais à peine. J'ai un visage beaucoup plus adulte à présent, et puis j'ai les cheveux longs, alors qu'à l'époque ils étaient vraiment courts, à tel point que sur certaines photos j'ai l'air d'un garçon manqué ! J'ai l'impression que ce n'est pas la même personne ! Tout ça me paraît si loin, presque surréaliste... Comme si, paradoxalement, ça n'avait jamais existé.
Ca m'a quand même fait violence de voir l'évolution entre cette innoncence et cette lucidité que j'ai acquis aujourd'hui. Je suis rentrée en contact avec la réalité, j'ai atteri... Je suis devenue adulte, ce sont des choses qui arrivent ;)
Alors du coup, j'essaie de me rassurer comme je peux. Je me raccroche à ce qu'il y a de bien dans ma vie, pour me persuader qu'elle vaut encore le coup, et que je continue d'avancer, de me construire, de valoir quelque chose. Par exemple, je n'ai encore jamais eu l'occasion d'en parler ici, mais cet été, y a fort à parier que je parte en mission humanitaire en Afrique, au Burkina Faso. Et ça, c'est un truc dont je rêve depuis des années... J'en fantasmais déjà à cette époque "dorée" du lycée. Et cette aspiration très forte de partir en mission humanitaire va enfin se concrétiser, cet été - du moins je l'espère... En fait, depuis cette année, je suis inscrite à l'asso humanitaire de la fac. J'ai vraiment rassemblé tout mon courage et vaincu ma timidité pour me rendre, seule, à la réunion d'information au début du moins d'octobre dernier... Je ne le regrette pas, et pourtant, j'aurais pu céder à mon agoisse et abandonner avant même d'avoir entrepris quoi que ce soit. J'avais peur de me retrouver au milieu d'étudiants plus âgés qui se connaîtraient tous et n'en auraient rien à foutre de moi. En fait, c'est pas du tout ça, ça se passe très bien, de mieux en mieux à chaque réunion. J'ai même embarqué mon meilleur ami là-dedans, alors que vraiment, je ne l'imaginais pas être intéressé par ça. Alors tous les deux, on est investi dans cette aventure. Avec l'asso, on fait des actions genre vente de crêpes et de gâteaux sur le campus, et puis on envoie des dossiers de subvention pour trouver des fonds... Les missions sont financées en grande partie par la fac, mais il nous faut quand même trouver des fonds par nous-mêmes, avec les dossiers de subvention et les actions ponctuelles... C'est à nous de se débrouiller tous seuls, pour tout organiser. Et ça avance petit à petit... Alors si tout va bien (c'est-à-dire si on parvient à trouver les 2000€ et quelques qui nous manquent et s'il n'y a pas de problème), je devrais partir au moins un mois cet été, avec mon meilleur ami et un ou deux autre(s) gars de l'asso, que j'apprécie beaucoup et avec qui je me sens à l'aise. Je suis vraiment fière d'avoir osé m'engager dans cette asso. Je croise vraiment les doigts pour partir.
En fait, c'est bête, mais parfois, quand je prends du recul sur les choses, je réalise qu'il est en mon pouvoir de voir s'accomplir ce que je désire... Il me suffit la plupart du temps d'agir en conséquent, vite fait, et ça vient tout seul. Par exemple, je voulais être professeur particulier. Je me suis inscrite à Anacours par internet, et une semaine plus tard à peine j'avais mon premier élève (lol, on dirait une pub pour être secrétaire médicale ! :-p). Pourtant, jamais je n'aurais pensé qu'ils me rappeleraient si vite, après une vieille inscription sur internet, sans doute noyée parmi des tas d'autres. De même, j'ai réalisé l'été dernier deux superbes voyages en stop, à l'arrache, une vraie aventure exactement comme j'en rêvais... Il m'a suffit de rencontrer le Baroudeur sur un forum voyages pour partir à peine quelques semaines plus tard... C'était peut-être risqué, mais c'était vraiment pétillant, exaltant. J'en ai rêvé, et je l'ai fait.
Et peut-être que je pourrai bientôt ajouter l'humanitaire à ma liste. Ce serait génial. Si vous saviez comme j'espère...
Alors voilà, j'essaie de me raccrocher à tous ces trucs. J'ai du mal à accepter le fait que je deviens adulte, mais en même temps, ça me permet aussi de réaliser des choses sur lesquelles je ne pouvais auparavant que fantasmer. C'est comme ce projet de passer un an à l'étranger dès la rentrée prochaine... Même si ça m'angoisse, même si j'aurais peut-être de multiples raisons de renoncer ou de préferer la facilité (= une quatrième année à la même fac, chez papa-maman), je ne dois pas me dégonfler, je dois aller jusqu'au bout de mes démarches. Sinon, je le regretterai. Finalement, c'est pas différent de l'angoisse (qui est aussi exaltation) qui accompagnait mon entrée dans l'asso, ou mon premier cours particulier, ou mon premier voyage en stop... Et pour tout ça, j'ai tenu bon, je dois continuer. Ne serait-ce que pour me convaincre que je suis toujours vivante, que j'ai encore des choses à apporter aux autres et à moi-même. Je ne sais peut-être pas avec précision ce que je veux faire de ma vie dans l'absolu, mais j'ai au moins des projets concrets qui me tiennent, qui me motivent. Et puis j'ai aussi de supers amis avec qui je suis vraiment épanouie - et ça, c'est une chance.
Ah oui, y a un autre ruc qui me démoralisait un peu aussi ces derniers temps... C'est le fait qu'inexplicablement, je me suis soudainement désintéressée de la photo. De plus en plus, j'oubliais de prendre mon appareil... alors j'ai fini par ne plus l'amener avec moi du tout. Je constatais ce désintérêt croissant, j'en étais le spectateur, et pourtant je ne pouvais rien faire, c'était au fond de moi que ça se passait. C'est pour cela que ton commentaire, Eve, sur le métier de photographe, m'a rendue un peu triste et honteuse... J'avais honte de te décevoir, honte d'avouer que la photo ne me branchait plus autant qu'avant. Ca m'attristait vraiment, parce que la photo, ç'a toujours été ma passion. Qu'allais-je devenir, sans la photo ? Une fille comme ça, sans passions, sans passion au singulier... Et moi je ne veux pas vivre sans passion. J'ai écrit tout ça au passé parce qu'hier, justement, j'ai décidé de "renouer" avec mon appareil photo. Je l'ai amené chez mon meilleur ami et on a fait de supers photos, et j'y ai pris vraiment plaisir. Alors aujourd'hui, mon appareil m'a accompagnée à la fac, pour la première fois depuis un moment (je précise pour ceux qui ne le savent pas que j'ai un gros appareil, que je trimballe dans une sacoche exprès ;)). Hier, j'ai retrouvé le goût de faire des photos, et j'ai envie que ça dure. J'ai envie d'être toujours autant passionnée par ça. Peut-être que j'ai juste eu une phase de "creux" provisoire... J'espère que ça ne recommencera pas. Voici du coup quelques unes des photos prises hier, depuis le balcon de mon meilleur ami (il est au 9ème !)... On voyait super bien les montagnes, j'adore l'hiver quand c'est plein de neige comme ça, elles ont l'air toutes proches, c'est fou ! En plus le temps était super bizarre, avec plein de vent !
Et en exclu, voici des corps sans tête ! :-D De gauche à droite : A. (un ami de mon meilleur ami, que je commence à connaître et à apprécier), mon meilleur ami, et... moi-même ! Contentez-vous-en, vous n'aurez jamais plus ! ;) (Et soit dit en passant : regardez un peu la couleur du ciel !!! Ca donne un aspect surréaliste à l'ensemble, genre Magritte un peu !)
Voilà :) Pfiouuuuuu, j'ai passé ma soirée à réfléchir sur moi-même, lol #^^# J'ai honte #^^# En fait je suis pas vraiment sûre que ça méritait un article (doublement écrit en plus !), parce que ces réflexions ne concernent que moi et doivent paraître profondément ennuyeuses pour tous les autres (tiens, ça rejoint ce que je disais au début, lol). En même temps, tel était le deal : vous étiez le divan, et moi j'étais là pour parler :-D
Alors merci à ceux qui m'ont écoutée... A la prochaine fois ;)
Commentaires
si.
Si, ça valait le coup, et tu as certainement bien fait. On se prend toujours un peu trop la tête mais au moins quand on le fait, ça prouve qu'on ne se laisse pas gagner par la médiocrité et qu'au moins on pense encore que ça peut changer (enfin j'espère). Pars à l'étranger, en humanitaire, tout ca, peut etre qu'après tu auras de nouveaux bilans - plus positifs - à en tirer...
C'est vraiment bien de t'investir dans de nouveaux projets, ça va te permettre de continuer à grandir et de retrouver une vision du monde plus colorée.
En tous cas, ne perds pas espoir, ce sont des questions de "phases" tout ça. L'inspiration et l'humour finissent toujours par revenir ;)
coucou
Je l'ai trouvé vraiment beau ton article. Je trouve que tu arrives bien à analyser ta vie, je suis certaine que ça te fait avancer.N'aie pas peur de grandir ! Je ne suis pas gênée de te donner ce conseil, moi qui suis restée petite mais même si je suis heureuse de la vie que j'ai, je me rend bien compte qu'il y a plein de choses que je ne peux pas faire, et plus j'attends moins j'ai de chance de les faire. Quitter Premier Amour t'a permis de faire ces choses et d'en prendre conscience, c'est un sacré atout. Tout le monde sait que "quand on veut, on peut " mais ce n'est pas à la portée de tout le monde de suivre vraiment cet adage. Ton ancien blog est précieux, c'est un témoignage de ta construction, c'est émouvant je trouve.
Ce week-end, j'ai fait un stage de musique et c'était très fort en émotion, tellement fort que je n'arrive pas à le raconter mais j'avais quand même envie de te le dire.
bisous
eve
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